« 2017 s’est mis en Weil » – Edito de Marie Julliard

2017 s’est mis en Weil.

Il faut cesser le feu,
L’ombre souveraine en silence,
Le soleil git sur le sol.
Comme un rire amer à l’aube
De ce siècle sans voix.
A contempler ce beau néant.

2017 s’est mis en Weil.

Peut-être avez-vous aussi l’âme honnête,
Peut-être en avez-vous assez,
De ce joli monde à sanglots,
D’entendre comment meurt le vent,
Qu’avez-vous fait de ces jours enfuis ?
De votre jeunesse,
De votre insouciance
De votre insoutenable légèreté de l’être
Qu’as tu fait de toi-même ?
De ces mains pleines de poèmes,
De cette âme pleines de promesses.

2017 s’est mis en Weil.

Tous ces diables chargés de chairs,
Tous ces fous troublés d’idéaux,
Tous ces innocents croulant sous le feu,
Des cris se perdent dans la nuit,
Hors la vie, hors du temps.

2017 s’est mis en Weil.

Il est grand temps de rallumer les étoiles.
Il faut que ce monde change.
A quoi bon partir en guerre pour y trouver la paix
Implanter le traumatisme
Alimentant la haine
Et semant le chaos.
Dans nos yeux la peur se ressent,
L’impuissance bien trop pesante,
Pris en otage de permanentes distractions,
Nos esprits endormis, nos espoirs évanouis
Par cette vie irréelle,
Dans laquelle ce monde se complait.
Nous ne vivons plus le présent,
Nous le regardons passer.

Il est grand temps de rallumer les étoiles,

D’animer les étincelles
Dans nos regards aveuglés et vides.
Pris en otage.
Nous ne vivons plus le présent,
Nous le regardons passer,
Le commentons, le partageons.
On s’insurge, mais on ne dit rien.
Petit à petit le réel nous échappe.

Réveillez-vous et redressez-vous,

Nous avons le choix,
Celui de faire avancer les choses,
De faire changer le monde.

2018, wake up.

Réveillez-vous et admirez.Contemplez.
Emerveillez-vous
Toutes ces choses autour de vous.
Toutes ces merveilles dans les choses les plus banales,
Percevoir un diamant étincelant,
Dans un flocon de neige,
Un monstre dans un nuage,
Une étoile dans une flaque d’eau.
Voyez le monde comme vous êtes,
Voyez le monde tel qu’il est.

Projetez votre propre poésie,

Sur les choses les plus simples,
Pour les embellir,
Pour les rendre uniques.
Voir la beauté cachée des choses,
Sans se voiler la face,
En discernant le sublime,
Derrière l’ordinaire.

2018, wake up.

Et si l’on retrouvait le regard de l’enfant,
Du rêveur, de l’artiste,
Histoire de peindre notre quotidien,
De peindre un monde à notre image,
Aux couleurs de l’imaginaire,
Tout en légèreté.

2018, wake up.

Réveillez-vous et résistez.
Un individu conscient en vaut mille soumis.
L’importance de la voix,
Se fait entendre dans le silence.

2017 s’est mis en Weil.

De noir vêtue les familles
Portent le deuil.
De ces enfants perdus.
2017, Istanbul s’éveille,
sous les bombes l’Irak, elle,
Tremble pendant que le Mexique,
Lui, s’enlise.
Sous des torrents de boue,
Ou de chair humaine.
L’humanité est ensevelie
Sous l’indifférence planétaire
Raqqa respire puis se terre.
Emmurée dans la peur

2017 s’est mis en Weil.

Trop affairés à contrôler la paix,
Ou à se pavaner de gloire,
Fumées d’illusions,
Détournant l’attention,
De ces esprits endormis.
On détourne les fonds
Dans des paradis
Interdits aux communs des mortels.
On nous fait porter les responsabilités
De toutes ces insanités.

Il est grand temps de se réveiller.

2017, avec elle sont tombées
des têtes savantes et bien pensantes,
des espoirs chantant, des voix connues,
des âmes innocentes, envolées.

2017 s’est terrée dans le silence.

Apeuré et soumis.
Nourrissant les égos de ces nouveaux héros
L’humain est tellement imprévisible.
2017 restera l’année,
où l’amérique se réveilla dans la trumperie,

On refuse de détourner le regard,

on choisit de détourner le regard.
Sommes-nous tous passés du côté obscur ?
Ignorance ou insolence, désobligeance ou allégeance.
Le sombre monarque en Amérique s’est fait couronner,
Vers lui tous les regards se sont tournés
De lui l’espoir s’en est détourné.
Celui de tout un peuple
Ici c’est un tiers de la France
qui est passé sous silence,
Laissant une large victoire à un mac’,
Arrondissant les angles et les idées.
Il y a des rêves qui nous tiennent endormis,
Mais d’autres qui nous tiennent éveillés.
Pendant ce temps, loin là-haut,
un français parcoure l’espace
en apesanteur.
Le temps s’arrête.
Un train passe, des anges passent.
Les larmes d’or me sont pénibles
coulent, coulent
comme l’encre pour l’idole se répand.

Et pendant ce temps,

Simone veille.
sur ces hommes démasqués,
Sur ces femmes libérées
par la force de la parole,
Brisant barrières et préjugés.
Laissez-les exister
au lieu de leur demander de justifier leur existence.
Tant que la femme aura encore à lutter
pour devenir un être humain,
Elle ne saurait exister.
Deux transcendances qui s’affrontent
au lieu de mutuellement se reconnaître. 

2017 s’est mis en Weil.

2018, On doit choisir la civilisation contre la barbarie.
Quand on ne se reconnaît plus dans l’autre,
quand on désigne des sous-hommes,
quand on classe l’humain de façon hiérarchique
et qu’on exclut certains de l’humanité.
Le destin de ces hommes,
De ces femmes, de ces enfants.
La peur du vide nous en détourne.
On préfère oublier qu’ils sont là,
et leur adresser la pire des insultes :
l’indifférence.
On se comporte comme s’ils n’étaient pas là,
comme s’ils ne souffraient pas du froid,
comme si nos coups ne les atteignaient pas.

On a décidé de fermer les yeux et de continuer à vivre
Dans notre réalité virtuelle protégée par nos frontières
Dressées entre les peuples, contre les peuples.
Il est grand temps de se réveiller.
Nous ne laisserons pas passer 2018.

Nous avons encore trop de choses à dire,
à prouver, à nous prouver.
à contrer, à défendre.
Résignés, consternés ou attérés,
chaque jour nous enrichit de nouvelles idées,
de nouvelles ambitions
pour que cette année en apesanteur
n’ait point de suspension…

 

Marie.Janvier 2018

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.

non facilisis venenatis, lectus pulvinar Nullam mattis Donec sit venenatis